
4 ans après l’acclamé Drift, Jason Chung A.K.A. Nosaj Thing ressort du bois avec un deuxième album intitulé Home. Décidant de s’asseoir sur sa prime de fidélité avec Alpha Pup Records, il a rejoint l’éclectique label fondé par un ancien employé de Stones Throw, Innovative Leisure.
Si Drift avait la fougue et l’insolence d’un premier album, où les productions étaient suffisamment triturées et torturées pour sembler être passées par Guantanamo, cette suite souhaite passer la vitesse supérieur et ouvrir à tous un cœur serré. Le titre éponyme de l’album est un parfait vestibule pour rentrer dans ce Home introspectif. S’ensuit alors Eclipse/Blue où le producteur californien a eu la bonne idée d’inviter Kazu Makino, mariant pour le meilleur et pour le meilleur la voix de Blonde Redhead à une instru maitrisée à la limite de l’implosion. Nosaj Thing se départit quelque peu de l’orientation purement instrumentale tracée par sa première galette pour absorber plus de voix (Safe, Phase III), même si sur Try avec Toro y Moi, le choix semble moins judicieux. Une impression de slow motion, contredit par un beat tachycardique, plane sur tout l’album où de grandes nappes de synthé, toujours aussi présentes, laissent le temps en suspend. Nosaj Thing utilise le silence comme un instrument et laisse le rythme vagabonder à son envie, ralentissant ou accélérant, parcourir la plupart des tracks, parfois un peu trop.
Si l’ensemble est plutôt bon, certains titres pourraient servir de B.O à de longs plans-séquences pour road movie nocturne et on aurait aimé que Nosaj Thing impulse un peu plus de relief à ce deuxième album. Seule écharde dans le pied d'un projet tenant solidement debout.
Par Julien Renou