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Trésors


Trésors aurait pu s'appeler The Adrians mais cela aurait été un gouffre en terme d'imagination puisque le duo est à 100% composé d'Adrien (Kanter et Durand). C'est pratique vous me direz. Ils ont finalement optés pour Trésors, le genre de nom qui vous donne envie de creuser (hohoho) et qui ne raconte pas le rapport à Polanski, Interpol ou le bleu turquoise dans leur musique. Ceci-di, tout ça vous l'apprendrez dans notre entretien réalisé à la sortie d'un de leurs concerts par notre intervieweuse italienne Daniella.
Ils sont notre “Plaisir de France” du jour alors généreux comme pas deux on partage Trésors avec vous dès aujourd'hui en attendant leur bonne fortune de demain.

Petit avertissement pour commencer : comme on parie sur votre avenir, on va surtout se pencher sur votre futur. Autre petit impératif : on essayera d’éviter les  termes genre «cold wave» et «années 80». C’est peut être difficile, mais est-ce que vous acceptez ce pari?  
Trésors : Oué oué d’accord, d’accord, bien sur (rires), même si on est un peu crevés.

Crevés pourquoi?
AD: On était en Belgique hier, on a joué à Ghent, puis à Metz

Et les prochaines?
AK: On joue à L
yon le 28 et à Lille le 04, c’est une tournée en peu partout en France.

Ok. Tout d’abord «Trésors», pourquoi ce nom ? Élan prétentieux ou simple choix d’un nom facile à retenir?
AD : Alors. Mmm, ça c’est pour toi Adrien.
AK : Oui, oui, moi je l’ai! C’est Trésors, au pluriel, pour faire comme une mamie qui s’adresse à ses enfants, comme pour dire «oh venez mes enfants que je vous file la confiture de pommes où la tarte de pommes » (rires)

C’est vrai ? Sérieux ?
AK : oui, oui tout à fait.


Mais votre nom rappelle aussi - à part le nom d’un parfum - une certaine origine «made in France»: quel rôle joue la patrimoine français dans votre musique ?
AK : Je sais pas, j’ai jamais pensé à ça.
AD : Généralement ça se passe bien. On ne nous dit pas « vous êtes français » et si oui, on prend ça comme un compliment.
AK : De toute façon, nous avons cherché un nom en français parce que nous avions envie d’avoir un nom français, mais après c’est vrai que même si les titres de nos chansons parfois sont eux aussi en français, les paroles sont toujours en anglais.





Dans vos morceaux, on trouve souvent une répétition obsédante et angoissante: c’est quoi le but?

AK : Le but ? Nous, on se pose pas ces questions là. On le fait spontanément.
AD : C’est juste quand on fait la musique tout les deux, chacun amène sa partie et après oui Adrien et moi c’est vrai on  partage le même univers mélancolique et maintenant qu’on fait de la musique avec des claviers, c’est plus facile.



Mais vous essayez de nous faire peur ou pas ?
AD : (rires) Non, non, du tout . On crée une amb
iance. On aime bien les films, la musique des films, mais c’est plus un truc cinématique que angoissant. Toi, tu as peur quand tu écoutes Trésors?


J’ai eu peur quand je vous ai écouté sur Youtube, mais pas ce soir en live, même si j’aurais voulu...
AK : Peut-être parce que nous sommes plutôt souriants et légers sur scène.


Oui peut-être. C’est peut-être aussi car vous-même avez peur de crier sur scène.
AK : Mais ça c’est parce que nous on est des gentils, c’est vrai.

AD :
Oui, c’est pas un truc pour mentir quoi. Notre musique est honnête et moi je me ne  verrai pas à me déguiser sur scène ou jouer dans le noir.





Et par rapport au truc cinématique dont on parlait tout à l’heure, pour le titre «Roman Polanski» l'inspiration elle vient d’où?

AD : En fait le coté assez marrant de ce morceau c’est que on aime bien les histoires des années 70, toute cette période un peu où il y a eu Charles Manson, Roman Polanski où tout le monde s’est mis à faire n’importe quoi et tout ça. Il nous a pas mal inspiré. Et le truc c’est qu’on a sorti le morceau quand on est parti aux Etas Unis en tant que français - ça tu peux le dire dans ton interview (rires) – et lui, il a fait le voyage à l’envers: il a fuit les Etats Unis parce qu'il était poursuivi par la justice. Donc la coïncidence nous a fait rire.

AK : Et après oui, moi je pense que le personnage est assez fascinant pour le mélange de quelqu’un qui a l’air gentil comme nous, mais qui au fond est assez torturé.





D’accord et pour revenir sur le coté son, si je vous dit «Interpol» ça vous parle ou pas du tout?
AD : Interpol, le group rock? Oui on le connaît.

AK : Oui, oui c’est vrai. En fait t’es pas la première à nous le dire et je vois pourquoi tu fais le rapprochement. Moi j’ai bien aimé le dernier album, je crois que c’est leur meilleur.


Et donc par rapport à ça: même si maintenant vous vous êtes un peu plus dans l’électro, dans le futur, est-ce que vous voyez bien un évolution plutôt vers le rock-indie ?
AD : Oui,oui maintenant nous sommes plus électro,  new wave, un peu cold wave, années 70, 80..


Ah ah attention on avait dit “pas nommer « cold wave » ou « années 80 »”

AK: Oui mais finalement comme on vient tous les deux plutôt du rock, je pense pas que l’évolution va aller vers là, elle va plus aller vers de choses électro ou bizarre ou expérimentale, plus que rock.

AD : Peut être qu’on essayera de ramener de la guitare car on est guitaristes tous les deux mais après je ne sais pas. Notre musique, c’est pas seulement électro, c’est toujours à la limite et c’est justement ce coté là, que moi j‘aime bien. Mais nous en général, notre musique on ne la conceptualise pas. Bon c’est peut-être un lieu commun de dire ça, mais on est pas du tout calculateurs. On ne se dit pas « tiens il y a des groupes qui font ça, il faut que nous
fassions ça ». Moi, par exemple, ce que j’aime bien par rapport à notre dernier disque qui vient de sortir (Missionnaires, label Désire Nov. 2012), c’est qu’il y a plein de gens qui ont du mal à le replacer dans le temps. ça peut être un disque de maintenant, un disque des années…entre 60-2000

AK : ou années huit zéro (rires)  

AD : donc voilà c’est plutôt ça.


Et si je vous dit M. Rebotini?
AK : Oui on a fait un remix pour lui, je trouve qu’on a une culture en commun, c’est tout.





Et si un jour on vous demandait de réaliser la B.O. d’un film, lequel serait-il?

AD: Le film idéal…ah c’est cool ça. C’est une bonne question.

AK: Moi, j’aimerais bien un film d’horreur, mais je pense que dans Trésors c’est trop facile.

AD: Moi, j’aime bien les films où tu ne sais pas trop à quoi te tenir quand le film se termine. J’aime bien aussi les personnages un peu imparfaits. C’est un peu comme dans notre musique, ça correspond.

AK : Tu vois, nous on a pas envie de tout prévoir. Même sur scène on fait des fausses notes, on n’a pas envie d’avoir un projet spécifique ou par exemple d’arriver entourés de grosses machines électro ou de jouer dans des grosses salles. On aime bien faire une musique assez contemplative, à regarder, qui fait écho à ton vécu.


D’accord et..

AD : Attends moi j’ai pas dis mon film encore! J’aimerais bien un film un peu sensuel parce que je pense que notre musique peut avoir aussi un coté sensuel. Donc un mélange avec des scènes d’action et des scènes de sexe.


«Visionnaires»,  «Missionnaires», pour le titre de votre prochain EP, qu’est qu’on peut imaginer ? Quelque chose genre «Prophètes»?  Vous vous sentez annoncer un futur ?
AD : On a une super idée pour le titre du prochain album, mais on ne peut pas la dire, on ne sait pas encore et on dévoile rien pour l’instant.


D’accord je n’insiste pas, mais alors dernière question et effort d’imagination: si Trésors étaient un tableau ou tout simplement une couleur, ils seraient…
AD : Un tableau plein de détails

AK : L’agneau mystique ou sinon un bleu marine

AD : Blue ciel

AK : Turquoise

AD : Bon alors bleu marine pour moi et turquoise pour Adrien.




Daniela Masella
Twitter : mascia84

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